Vrai faux naïf, optimiste incurable et observateur du monde dont il apprend les leçons "à la dure", le Candide dépeint par Voltaire est curieux par nature, philosophe par nécessité, voyageur et champion de l'optimisme dans les situations les plus désespérées. Confronté à l'absurde, il y répond par l'humour et l'ironie, non sans une dose d'autodérision. Bref, un maître consultant qui me sert de boussole au fil de ma carrière.
Bien sûr, un consultant est pourvoyeur de savoir, de méthode et de structure, mais il serait dommage d’en rester là: Candide nous invite, par sa sagesse particulière à équilibrer notre pensée analytique avec une pincée d'optimisme et une volonté sans cesse renouvelée de découvrir des territoires inexplorés. Osons dans notre pratique faire place à l’intuition, au subjectif, à la « pâte humaine » qui ne peut se traduire ni en chiffres, ni en graphiques. Peut-être y gagnerons-nous alors ce petit supplément d’âme qui rend notre métier si gratifiant lorsque nous prenons le risque d’un sentier de traverse pour nous éloigner quelques instants des autoroutes technocratiques.
Comme l’espérait Candide, dans cet exercice d’originalité et de sincérité,
Si nous ne trouvons pas des choses agréables, nous trouverons du moins des choses nouvelles.
— Voltaire, Candide, XVII, p.35, voltaire-candide.pdf
Et quoiqu’il en soit, même si l’incartade s’avère de temps à autre futile et stérile, il n’en reste pas moins qu’
Il est beau d'écrire ce qu'on pense: c'est le privilège de l'homme.
— op. cit., XXV, p. 59
L’équipe rédactionnelle de candide.space n’a d’autre ambition que de vous embarquer de temps à autre dans ces petites excursions décalées qui veulent porter un regard original sur le monde en transformation qui est le nôtre. N’hésitez pas à réagir, commenter, contredire et enrichir ce contenu. Car « il n’est de beau voyage qu’en bonne compagnie » (ça, c’est de moi, à moins que je ne sois victime d’une inconsciente réminiscence).
Bien à vous,
Pierre-Yves Niederhauser